Activité physique et cancer : Impacts en gain de survie et diminution du risque de rechute

National 27.05.2021
Activité physique et cancer : Impacts en gain de survie et diminution du risque de rechute
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Dans le cadre d’une prise en charge globale des patients touchés par un cancer, l’activité physique apporte un bénéfice en termes de survie, qu’elle soit pratiquée pendant ou après les traitements. La pratique d’une activité physique permet également une diminution du risque de rechute (1).

En cas de cancer du sein :

L’activité physique est associée à une réduction du risque de mortalité jusqu’à 50 %, quels que soient le poids des patientes ou le stade d’évolution de la tumeur, et même si la pratique physique ne commence qu’après le diagnostic de la maladie. Cette activité physique doit présenter une intensité d’environ 9 MET/heure/semaine (2). Ce qui correspond par exemple à pratiquer 1 heure de vélo à une allure de 20 km/h par semaine ou bien à pratiquer 1 heure de séance de Thérapie Sportive avec la CAMI, par semaine.

En cas de cancer de la prostate :

Une activité physique intense plus de 3 heures par semaine est associée à une réduction de la mortalité globale de 49 % et spécifique de 61 %. Une telle pratique soutenue est associée à une réduction du risque de rechute de 50 % par rapport aux patients moins actifs (3).

En cas de cancer du côlon :

Une diminution de la mortalité de 51 % est également retrouvée mais l’activité physique et sportive pratiquée doit être plus intense, d’environ 18 MET/heure/semaine (4). Ce qui correspond par exemple à pratiquer 1 heure de course à pied intense par semaine.

 

Quels mécanismes ?

Plusieurs mécanismes bien démontrés, qui mettent principalement en jeu le système hormonal et le fonctionnement métabolique, expliquent l’impact positif de l’activité physique sur un organisme atteint de cancer (4) (5).

Pour se multiplier, les cellules cancéreuses ont besoin de stimulations qui sont, en particulier, produites par certaines hormones comme les oestrogènes issues des ovaires et des tissus graisseux, l’insuline produite par le pancréas et les adipokines secrétées par les tissus graisseux (4) (5).

L’activité physique agit sur la masse grasse et diminue la sécrétion de certaines de ces hormones, ce qui freine la croissance des cellules cancéreuses.

L’impact est donc accru sur les cancers hormono-dépendants (sein, endomètre, prostate) (5).

Par son action de réduction du surpoids et de l’obésité, l’activité physique joue également un rôle protecteur indirect vis-à-vis de l’ensemble des cancers dans lesquels ce sont des facteurs aggravants.

Il a ainsi été démontré que l’activité physique (4) (5) :

  • diminue le taux d’oestrogène (particulièrement en période postménopause) ;
  • diminue la sécrétion d’insuline (qui stimule la prolifération cellulaire) ;
  • améliore la sensibilité à l’insuline et la captation du glucose par les muscles, ce qui explique la nécessité de 3 séances d’activités physiques par semaine pour que l’effet soit continu pendant l’ensemble de la semaine ;
  • diminue l’IGF1 («Insulin Like Growth Factor») qui est un facteur de croissance des cellules cancéreuses ;
  • agit sur les molécules de l’inflammation, en réduisant la leptine, qui est un facteur de croissance des cellules tumorales et en accroissant la sécrétion d’adinopectine qui est un facteur de blocage de la croissance des cellules cancéreuses.

Ces mécanismes biologiques ont un effet lié à la dose d’activité pratiquée. Une activité physique d’au minimum 150 minutes par semaine semble nécessaire pour les déclencher (4). La quantité d’exercice physique nécessaire diffère selon les types de cancer, mais l’effet augmente avec la quantité d’activité physique pratiquée (6).

L’activité physique agit ainsi comme un frein sur le développement de votre cancer.

 

Références :

1 Activité physique et cancer. Inca. Collection fiches repère. Etat des connaissances en date du 30 janvier 2012. www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Activite-physique-et-cancer

2 Irwin ML, et al. Physical Activity and Survival in Postmenopausal Women with Breast Cancer: Results from the Women’s Health Initiative. Cancer Prev Res. 2011;4(4):522–529.

3 Meyerhardt JA, et al. Physical activity and survival in male colorectal cancer survivors. Arch Intern Med. 2009;169(22):2102–2108.

4 Rinaldi Y. Sport et cancer. POST’U. 2016:205-214.

5 Bouillet T, et al. Role of physical activity and sport in oncology. Scientific commission of the National Federation Sport and Cancer CAMI. Crit Rev Oncol Hematol. 2015;94(1):74-86.

6 Mishra SI, et al. Exercise interventions on health-related quality of life for people with cancer during active treatment. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2012;8.