Témoignage : "une bouffée d’oxygène pendant ma maladie"

National 16.06.2022
Témoignage : "une bouffée d’oxygène pendant ma maladie"
Témoignage

Jean-Paul a 46 ans et vit à Bordeaux avec sa compagne et sa fille, Emma. Le sport a toujours fait partie intégrante de sa vie, autant pour son équilibre mental, que pour décompresser professionnellement ou encore pour se sentir bien dans son corps. Ancien moniteur de plongée, il pratiquait régulièrement la course à pied et le VTT. C’est d’ailleurs cette activité régulière qui l’a alerté sur son état de santé : au mois de mars 2021, il a commencé à se sentir à bout de souffle lors de ses sorties vélo, et de plus en plus fatigué. Cette fatigue était tellement importante qu’il a commencé à prendre les transports en commun – chose qui ne lui était jamais arrivé dans la période Covid !

Après une visite chez son médecin généraliste et plusieurs examens, le résultat définitif tombe en juin 2021 - Jean-Paul est diagnostiqué d’un lymphome de Hodgkin du système immunitaire. À cette même période l’année dernière, son état s’est décliné très rapidement.

Jean-Paul nous raconte :

L’HOSPITALISATION

« Ma fille, qui avait 9 ans à l’époque, était déjà très perspicace et mature pour son âge. Elle a tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Pour ma part, c’était bien sûr difficile physiquement ; mais plus encore psychologiquement, car je me questionnais beaucoup sur ma présence à son prochain anniversaire.

J’ai été hospitalisé dans la Polyclinique de Bordeaux Nord Aquitaine de début juillet à fin août. Les médecins ont opté pour un protocole lourd, étant jeune et actif, afin de mettre toutes les chances de mon côté. Le traitement fut très difficile à supporter. Je suis entré à l’hôpital avec un corps de jeune homme de 45 ans. A ma sortie, je me comparais à la grand-mère de ma femme qui a 94 ans. J’avais perdu beaucoup de poids et de muscles. Pour vous donner une image - j’étais tellement affaibli que se lever d’une chaise me demandait un effort considérable. J’avais des douleurs à chaque mouvement, bouger m’était très difficile !

J’avais vu les affiches de la CAMI Sport & Cancer dans la Polyclinique. Cette option me parut comme une évidence mais je me sentais trop faible pour faire quoi que ce soit pendant cette période.

La bonne nouvelle dans cette épreuve difficile est que l’on m’avait débarrassé de toutes les masses cancéreuses. »

 

LE RETOUR CHEZ SOI

« Afin d’assurer une meilleure rémission, mon oncologue m’a prescrit une cure de chimiothérapie de quatre mois.

Le retour à la maison fut difficile tant physiquement que psychologiquement. Je n’étais plus capable de faire les choses comme avant. Sortir d’une voiture demandait un effort considérable et une technique toute particulière pour surmonter les douleurs et la fatigue.

Pendant ce temps, j’étais aussi suivi par une psychologue. Lors d’une conversation, j’avais émis mon souhait de renouer avec une activité physique et d’essayer les programmes de la CAMI Sport & Cancer. Mais j’étais tellement faible que je ne me sentais pas en capacité de faire le pas. Ma psychologue est entrée alors en contact avec Lucie, Praticienne en Thérapie Sportive de la CAMI à Bordeaux, pour lui présenter mon cas. Elle m’a ensuite téléphoné pour me présenter le fonctionnement des programmes. Je me suis tout de suite senti à l’aise et ai accepté de commencer mi-septembre 2021. »

 

LA RENCONTRE AVEC LA CAMI

« Pour moi la CAMI a été comme une bouffée d’oxygène pendant ma maladie. Avant, je bougeais beaucoup, mais cette fois-ci, je ne pouvais plus reprendre mes activités d’autrefois. Tout mouvement devenait extrêmement difficile à cause des douleurs, de la perte de mobilité et de force. J’avais essayé de reprendre le sport seul mais je n’arrivais à rien. J’avais peur de me blesser ou d’accentuer certains effets secondaires. J’avais perdu toute confiance en moi et en mon corps…

Mon traitement s’est terminé le 23 décembre. Une façon de commencer 2022 sur de meilleures bases. Depuis janvier 2022, je suis en protocole de surveillance tous les trois mois pendant cinq ans. Cela va vous paraitre complément fou mais depuis, mon objectif est de devenir plus fort physiquement et mentalement qu’avant la maladie, tout en palliant les effets secondaires.

Le programme de la CAMI avec Lucie m’a permis de me sentir mieux dans mon corps, de reprendre confiance, avec des exercices sécurisés et adaptés à mon état physique. Je pense sincèrement que le programme m’a aidé à récupérer plus rapidement à la suite de mon traitement.

En tant qu’ancien professeur de plongée, je connais les difficultés à gérer un groupe. C’est formidable de voir Lucie construire et adapter ses séances en fonction des besoins de chacun. On sent qu’elle est à l’écoute tout au long de la séance. Il y a aussi l’énergie de groupe qui nous motive tous. On ne parle pas forcément de nos expériences, mais inconsciemment, cela rassure d’être entouré de personnes qui traversent ou ont traversé la même chose, avec des difficultés physiques similaires. Il n’y a aucun jugement.

Je n’ai jamais été très souple mais l’activité physique thérapeutique m’a permis de gagner en souplesse et mobilité pour faciliter les mouvements du quotidien, et mieux vivre avec ‘ma chambre implantable’ qui me gênait beaucoup physiquement et psychologiquement. 

J’ai également fait un peu de Pilates. Quand j’ai commencé le programme, il y avait des exercices qui y ressemblait - on travaille sur la respiration et les muscles en profondeur - puis plus on pratique, plus on se rend compte que c’est une méthode à part entière. »

 

AUJOURD’HUI

« La CAMI Sport & Cancer m’a permis de renouer avec une activité physique pour mon équilibre personnel. Trop vite, j’ai voulu reprendre le vélo. A cause des traitements, de violents coups de fatigue peuvent arriver sans crier gare, ce qui peut être un problème si je suis trop éloigné de mon domicile. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il fallait que je reprenne le vélo de manière plus sécurisée. Je me suis acheté un home trainer, afin de retravailler mon endurance tout en n’étant jamais très loin du canapé si la fatigue me prend.

Doucement, nous reprenons la marche en forêt avec ma fille comme nous en avions l’habitude. »

 

LA FÊTE DES PÈRES

« D’ailleurs, le vélo est une passion de famille : à ma sortie d’hôpital, ma fille a participé à sa première compétition de BMX, que nous pratiquions ensemble depuis ses 6 ans. Elle est devenue vice-championne régionale en 2021 et championne régionale en 2022.

Cette année, pour la Fête des Pères, elle fera sa première compétition nationale, le Trophée de France BMX. La voir s’épanouir est le plus beau des cadeaux et une belle façon de boucler cette longue année de traitements et de convalescence. »